lundi 11 décembre 2017

La Pension Moreau. Le tome 2 en février

La peur au ventre, deuxième tome de La Pension Moreau, arrivera en librairie le 2 février prochain. Marc Lizano est en train d'en finaliser les couleurs.

Un vent de révolte souffle sur la Pension Moreau, un établissement mystérieux qui accueille des enfants délaissés… 

Après deux mois enfermé au cachot, Paul décide d’organiser la résistance avec Victor, Jeanne et Émile, le jeune dessinateur du groupe. Lors d’une escapade nocturne dans la forêt environnante, ce dernier est alors témoin d’une scène inquiétante…


J'espère que ce deuxième volet vous plaira. Le troisième et dernier sortira tout début 2019 normalement et la trilogie sera bouclée.

Tout cela, c'est donc avec Marc Lizano aux magnifiques Éditions de la Gouttière.

mardi 5 décembre 2017

Artaud encore

Pendant que Laurent Richard dessine la dernière partie de la vie d'Artaud (ci-dessus, eh bien deux cases toutes fraîchement sorties de son atelier), je suis plongé dans la période 1937-1943, début de l'internement du poète. Je lis un vaste ensemble de lettres écrites par ce dernier, coincé alors dans un état de confusion mentale important et à la fois, comme chaque fois, coupant, tranchant, hyper-conscient. A ce moment de sa vie, Artaud écrit sous une autre identité. Comme s'il souhaitait se défaire un temps de son ancienne peau, allant même jusqu'à demander au médecin de faire en sorte que cette personne âgée qui demande à le voir plusieurs fois et qui dit être sa mère cesse de l'importuner. C'est bien sa mère pourtant. Perdre, se défaire de son identité. Nier celle des autres ou plutôt, les liens qu'on pourrait avoir avec ces autres-là. Artaud est passé de l'autre côté un temps, a entrepris de se réinventer un passé. Il le fera plusieurs fois pendant sa vie. Cela dure plusieurs mois et soudain, il redevient Artaud et écrit quatre lettres le même jour, adressées notamment à ces éditeurs à qui il réclame de l'argent qu'ils auraient omis de lui verser. Des grosses sommes. Retour à la réalité.
Voilà en partie ce qui me fascine chez Artaud. Comme le disait apparemment Denys-Paul Bouloc qui l'accompagna lors de promenades à Rodez entre 1943 et 1946, "Chacun a son Artaud, chacun est passionné par son Artaud". Ce qui me fascine donc, c'est la faculté qu'il a de se regarder lui-même, d'analyser son mal (il le fait dès les lettres qu'il adresse à Jacques Rivière dans les années 1920), cette possibilité de se dédoubler, le lien qu'on peut tisser entre cette faculté à s'observer soi-même et la maladie qui le rongeait, sa folie donc.
C'est tout cela que nous tentons de mettre sur le papier avec Laurent. Notre Artaud donc. Voilà pourquoi ce roman graphique ne sera pas une biographie d'Antonin Artaud. Mais bien une vie possible de ce dernier, quelque part entre la biographie et la fiction.

jeudi 23 novembre 2017

Mon Montreuil

Comme chaque année... bah c'est le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. L'occasion de voir et revoir des collègues auteurs/trices, illustratrices/teurs, éditeurs/trices, etc.

Et si vous voulez me rencontrer eh bien sachez que je serai :

le vendredi 1er décembre de 17h30 à 19h00 sur le stand des Éditions de la Gouttière (M16) ;

le samedi 2 décembre de 10h00 à 12h30 sur le stand des éditions Milan (D19) et sur le stand de La Maison est en carton (D16) de 14h00 à 16h00.

Je sera ravi de vous voir si vous passez par-là.

mardi 21 novembre 2017

La Baie des Livres


Très heureux de revenir à la fin de la semaine à Morlaix et de retrouver la belle équipe de La Baie des Livres qui m'avait accueilli en résidence en début d'année. Un joli programme, voyez vous-mêmes par ici pour ce 6e Salon du livre jeunesse du Pays de Morlaix, avec un thème magnifique, "à la folie".
L'occasion de croiser quelques collègues et de retrouver également les élèves d'Ar Brug et ceux du Poan Ben. Hâte de découvrir la bande-dessinée que nous avions commencé à créer ensemble.
Nouvelle très chouette aussi, Bretagne Culture Diversité disposera d'un stand sur le salon pour présenter Solenn et Plop.  

vendredi 17 novembre 2017

Marâtre encore...

La sensation profonde que cette première salve dormait là depuis longtemps. Ces voix, elles ne vous ont pas été données. Mais elles s'étaient tapies. Ouvrir les portes donc et projeter sur la feuille. Et même une succession de portes parce qu'à chaque fois, on découvre encore un peu de ce qu'on avait laissé au fond. Toute la pulpe. Ne pas trop se soucier de faire le tri. Bannir un temps au moins l'intention. Ne pas se retourner pour le moment. Plus tard viendra le temps de la maîtrise, de l'intention donc. Pas de hasard pour autant. Ces voix, il a bien fallu qu'elles entrent. Tirer le fil. Vider toute la pelote. Forcément, on a quand même une légère appréhension. Quand on se retournera, tout sera peut-être bon à jeter au feu. Mais ça m'étonnerait aussi. Il faudra retailler dans le bloc, bien sûr, réagencer, détendre encore, effacer, sabrer. Mais le squelette sera là. Et le squelette sera venu sans trop de heurt ou plutôt, sans se faire prier. En marchant et peut-être même à plus vive allure. Foncer tête baissée.

mardi 14 novembre 2017

Résidence avec Thomas, semaine 1

Le réseau lecture de la communauté de communes de l'Ernée nous a laissé carte blanche avec Thomas pour créer un texte à lire à voix haute. Un moment que chacun de notre côté, nous avons inclus cette dimension dans nos pratiques respectives. Un goût commun, je pense, pour capter les voix.
Très heureux de retrouver l'ami Thomas et qu'on travaille ensemble. Mille mercis à Clarisse d'avoir provoqué cette rencontre. Passionnant vraiment de réfléchir à deux, de confronter nos voix, de voir aussi ce qui les rend proches. Où trouver le point de rencontre ? Comment envisager l'écriture à deux quand on travaille sur l'intime ?
Nous avons défini un principe de travail et commencer le chantier. Thomas a pioché dans mes textes dix extraits qui lui parlaient. J'ai fait de même dans ses livres. L'idée est que chacun poursuive ensuite le texte de l'autre. Qu'est-ce qui nous parle dans le texte de l'autre ? Comment rebondir, poursuivre ? Il sera question dans tout cela, entre autres, de nos rapports à l'écriture, de ce qui nous pousse, nous anime, etc.
Travail en cours passionnant donc... et le grand plaisir de passer la semaine avec monsieur Scotto. Rendez-vous en janvier pour la suite.

mercredi 8 novembre 2017

Artaud Work in progress



A mesure que le travail avance, scénario comme arrivée des premières images de Laurent, je m'interroge, me réinterroge sur Artaud. Je lis, relis, relie certains textes non encore connus de Artaud et sur Artaud...
La lettre, la correspondance chez Artaud, est la forme la plus fréquente. Pour autant, concernant ses lettres, peut-on parler de littérature ? Oui et non et tout dépend des missives considérées. Certaines sont purement factuelles mais pour le plus grand nombre, il faut bien avouer que tout Artaud est là, dans les lignes qu'il trace, parce que le destinataire de ses lettres importe peu. C'est là en tout cas qu'il se met en scène une fois encore, expose ses doutes, ses souffrances dès les années 20, fustige, fulmine, dénonce jusqu'à sa mort en 1948. Et le plus souvent avec une lucidité immense. Cette correspondance est plus que touchante. Elle est essentielle. Chez Artaud, c'est la périphérie de l’œuvre qui fait l’œuvre parfois. Parce que forcément, la plupart de ces lettres sont adressées à Artaud lui-même, à qui il peut même arriver d'être plusieurs.
Je m'interroge donc, me réinterroge, tâtonne...
Il peut exister un lien entre art et folie. Mais le plus souvent, certains artistes ont sombré dans la démence. Ils sont partis sans revenir. Les exemples sont nombreux. Hölderlin, Nerval, Maupassant... Dans le cas d'Artaud, la grande différence, c'est qu'il y a justement la question du retour, cette incroyable lucidité retrouvée à sa sortie de Rodez. Cette extra-lucidité. Arpentant les différentes parties de sa vie, de son œuvre, on s'aperçoit d'ailleurs que cette lucidité affûtée ne l'a jamais quitté. A part dans certains moments de grande confusion, de souffrance trop forte. Artaud a toujours eu une capacité à s'observer lui-même, à s'analyser, dès les lettres à Jacques Rivière, dès les années 20. Il est constamment en représentation, spectateur de lui-même aussi. C'est cette dimension que nous tenterons de rendre au mieux, avec Laurent, par la superposition par exemple d'éléments intimes, sur l'image. Car si nous souhaitons proposer notre lecture de la vie d'Artaud, nous voulons rendre visible, grâce au roman graphique, ce qui a pu être sa perception de la réalité. Il reste du pain sur la planche assurément.

Vous pouvez, si ça vous tente, aller faire un tour du côté de France Culture pour écouter une émission passionnante sur Artaud qui date de 1975. C'est par ici.