mercredi 18 janvier 2017

Angoulême 2017

Pour la première fois de ma vie... cette année, eh bien je serai à Angoulême.

Lancement en avant-première du tome 1 de La Pension Moreau, Les enfants terribles, avec Marc Lizano, sur le stand des belles éditions de la Gouttière.

Le livre sera en librairie le 17 février.

Vous m'y trouverez le samedi 28 de 10h à 13h et de 16h à 20h. Et le dimanche 29 de 10h à 14h.

Venez !

Résidence à Morlaix : billet 3

Deuxième semaine à Morlaix, accueilli en résidence par la dynamique association La Baie des livres.
J'ai commencé la semaine avec une très belle Cavale au Roudour, à Saint-Martin-des-champs, devant une centaine de spectatrices et spectateurs. Belle attention dans la salle. Moment précieux. Pour celles et ceux qui n'ont pu être là, sachez qu'une autre possibilité s'offre à vous le 15 mars à 20h00 au Lieu, ferme de Trézenvy à Plougasnou.
Hier, c'était le deuxième temps de travail avec les classes d'Ar Brug et du Poan Ben. Nous avons tenté de tracer les grandes lignes de ce que seront leurs bandes-dessinées, au niveau du scénario. L'idée est de réaliser 6 histoires (de 6 planches et 6 cases) avec une partie d'éléments communs-imposés et une autre partie d'éléments libres. Le résultat sera publié par La Baie des livres avant la fin de l'année scolaire et mis en valeur sur le 6e salon du livre jeunesse fin novembre. Journée riche en échanges. Maintenant, il va falloir faire des choix...
Ce matin, je suis allé en "dépannage" dans une classe de Saint-Martin-des-champs pour aider les élèves qui participent au concours organisé par l'astronaute Thomas Pesquet autour du Petit prince. Moment court mais j'espère avoir été utile et efficace.
Ici, c'est grand soleil !

mercredi 11 janvier 2017

Résidence à Morlaix, billet 2

Hier, j'ai rencontré pour la première fois les classes d'Hélène (à l'IME d'Ar Brug) et de Nicolas (à l'école du Poan Ben). Mon breton est très embryonnaire mais disons que Ar brug signifie la bruyère et Poan Ben le mal de tête. Poan Ben était un lieu proche des tanneries, voilà ce que m'ont expliqué les élèves de Nicolas. Aucun rapport donc entre mal de tête et école.
L'idée est qu'on travaille ensuite tous ensemble à la création d'une histoire qui sera scénarisée et déclinée sous la forme de quelques planches de bande-dessinée.
Faire connaissance donc hier. De jolis moments forts, comme je les aime. Le matin, visite de l'IME par les élèves et l'après-midi, visite du centre de Morlaix menée par les élèves de Nicolas, agrémentée aussi de quelques interventions de ceux d'Hélène. Quelques images sur le site du Télégramme et un chouette article. Merci.
J'ai appris pas mal de choses sur cette ville que je trouve, depuis un petit moment déjà, assez magique. J'y suis passé plusieurs fois avant, pour différentes raisons. Trois collines, deux rivières qui traversent la ville sous terre, des venelles qui grimpent secs, des maisons très anciennes, des monuments devenus des fantômes et partout présent aussi, comme un souffle un peu sombre, la silhouette squelettique de Tristan Corbière. Le poète maudit, je l'ai lu adolescent, quand je m'habillais tout en noir. Je le relirai les semaines qui viennent avec beaucoup de plaisir.
On se revoit mardi prochain, avec les élèves d'Hélène et de Nicolas, pour faire avancer le travail.
Et si vous êtes par là également, eh bien venez au Roudour à Saint-Martin-des-champs à 18h30 lundi 16 janvier pour découvrir Cavale. C'est gratuit !

lundi 9 janvier 2017

Résidence à Morlaix, billet 1

 Me voici arrivé à Morlaix. J'y serai 6 semaines de janvier à mars. J'ai répondu à l'invitation de l'excellente association La Baie des livres. Très heureux d'arriver en Finistère. Installé dans une maison plein centre. Elle est pas belle, la vie ?
Hâte de rencontrer les élèves avec lesquels je vais travailler chaque mardi des semaines où je serai présent.
Et pour que vous sachiez de quoi il va en retourner... eh bien je copie-colle les mots trouvés sur le site de La Baie des livres. Ils sont parfaits.
Pour aller plus loin que le temps imparti au salon en lui-même, notre association a souhaité faire venir un auteur jeunesse en résidence. Le principe est de lui laisser 70% de son temps pour sa création personnelle, tandis qu’une journée par semaine sera dédiée à son travail avec les classes et une ½ journée à destination du grand public, pour favoriser la rencontre entre l’auteur et les lecteurs (en médiathèques, librairies, cafés, lieux culturels…) Suivez ce site et notre page Facebook pour être tenu au courant de ces rencontres !
Les CM1/CM2 de l’école du Poan Ben à Morlaix et des élèves entre 16 et 22 ans de l’EPMS d’Ar Brug vont travailler ensemble dans ce cadre, avec pour objectif de réaliser une bande dessinée de A à Z en commun.
Le projet se déroulera sur6 semaines, et Benoît Broyart logera à Morlaix:
– du 9 au 13 janvier
– du 16 au 20 janvier
– du 6 au 10 février
– du 27 février au 3 mars
– du 13 au 17 mars,
Plus une restitution en juin 2017 et une mise en valeur au 6ème Salon du livre….

Il est possible grâce au soutien financier et aux encouragements de la DRAC Bretagne, de l’Agence Régionale de Santé, de Morlaix Communauté, de l’Espace culturel du Roudour, des mairies de Saint-Martin des Champs et Morlaix.
Je rendrai compte ici même régulièrement de cette nouvelle expérience.
Si vous passez par là, sachez que lundi 16 janvier, eh bien je vous donne rendez-vous pour une Cavale au Roudour à 18h30. Et c'est gratuit ! Venez nombreuses et nombreux.
Tous les détails sur tout cela sur le site de la Baie des livres. C'est par ici.

jeudi 5 janvier 2017

C'est la rentrée donc...

La rentrée... la nouvelle année... Nous y voilà donc... après quelques semaines de décrochage salutaire.
D'abord eh bien, je vous souhaite une très bonne année 2017. Qu'elle soit pleine de tout ce que vous souhaitez.
Ici, eh bien voilà que cela recommence à bouillir sec dans les chaudrons, entre les jolies sorties à venir, les projets en cours de développement, les propositions diverses et variées.
Côté librairie, vous trouverez enfin, le 17 février, en librairie, le premier tome de La Pension Moreau, trilogie développée avec Marc Lizano au dessin aux belles éditions de la Gouttière. Grand bonheur de voir le début de l'histoire paraître. J'espère qu'elle vous plaira. Avant l'été normalement, vous devriez faire connaissance avec le deuxième tome des Enfants de Midvalley, chez Kramiek cette fois, trilogie développée avec Romuald Reutimann. Côté BD, le projet Artaud que j'ai fait avancer lors de ma résidence à Argentan est actuellement en lecture chez plusieurs éditeurs. J'attends des retours avant de poursuivre. Pour la première fois de ma vie, eh bien j'aurai la chance de signer à Angoulême et de participer au lancement en avant-première de La Pension Moreau. Hâte.
Je continue ma chouette collaboration avec les éditions Milan pour la collection Docs Benjamin.
Deux titres en mars, le premier sur les espèces menacées, illustré par Cléo Germain et le second sur les volcans, illustré par Max de Radiguès. D'autres titres à suivre mais je vous en parlerai plus largement dans un autre billet.
2017 marquera aussi mon entrée dans un chouette projet audiovisuel. Je signerai en effet le scénario des douze épisodes de la Web-Série Solenn et Plop. C'est quoi ça ? Eh bien une commande de Bretagne Culture Diversité pour parler à la jeunesse de la Bretagne et de ses spécificités. C'est orchestré par les sympathiques Studio Crumble et Damien Barrachin. Merci à tous pour leur confiance.
J'y reviendrai aussi sans doute mais avant l'été, vous pourrez également lire une nouvelle que j'ai écrite pour un recueil collectif de nouvelles érotiques pour ados (eh oui), chez Eyrolle éditeur. Sympathique projet initié par Manu Causse et Séverine Vidal. De très belles plumes se partagent le recueil, en plus de celles de Séverine et Manu, Sandrine Beau, Antoine Dole, Clémentine Beauvais, etc.
Voilà, beaucoup de bonheurs, d'expériences nouvelles... et une résidence d'écriture de janvier à mars à Morlaix, avec la dynamique équipe de la Baie des livres. Cette dernière fera l'objet de billets réguliers ici-même.
Si j'ajoute à cela le Fauteuil à ressort peillacois, en plein développement, c'est certain que je ne vais pas m'ennuyer en 2017.


mardi 6 décembre 2016

Résidence Argentan : Billet 7


Il y a quatre mois, j'entamais ma première résidence d'écriture. Grâce à la confiance de la région Normandie et de la ville d'Argentan, j'ai pu poser mes valises sur un territoire, dans un logement confortable, et avoir toutes les cartes en main pour commencer à développer un projet ambitieux qui m'habitait depuis assez longtemps déjà. Proposer une vie d'Antonin Artaud sous la forme d'un roman graphique.
Après quatre mois de travail, j'ai achevé la première partie du scénario prévu, c'est-à-dire le découpage des 16 premières pages, qui correspondent aux deux dernières années de la vie d'Artaud, après sa sortie de l'asile de Rodez. Retour à la vie parisienne. Retour à la vie tout court. Ce matériau produit en utilisant de nombreux documents (livres, photos, films) va me permettre maintenant d'entamer un vrai démarchage pour trouver un dessinateur et/ou un éditeur. Je crois qu'en lisant ces premières planches, il est assez aisé de voir où j'ai envie de mener mes lectrices et lecteurs.
Cette résidence aura été également l'occasion d'accomplir quelques jolies missions de médiation. Des Contes de la cabine à foison, quelques ateliers d'écriture, deux visites à l'EHPAD du centre hospitalier d'Argentan dont je garderai un souvenir émouvant. J'ai lu aux résidents un projet d'album en cours sur la relation d'un grand-père et de son petit-fils. Ainsi que trois rencontres avec les lycéens d'Argentan.
Demain, je serai également au Quai des arts pour présenter Cavale, lecture en selle.
Et samedi, je participerai à une rencontre publique à la médiathèque pour expliquer le degré d'avancement de mon projet.
Grand merci à toute l'équipe pour l'accueil dans l'Orne et la confiance témoignée. Ravi de naviguer pour longtemps aux côté d'Antonin Artaud. Car en effet, cette résidence ne marque que le début de l'aventure.

jeudi 1 décembre 2016

Philippe Forest : Crue

Une fois par an, peut-être, il y a un livre qui me marque de façon indélébile. Ce sont des livres rares donc. Je viens de refermer Crue de Philippe Forest et je suis certain qu'il sera de ceux-là.
Je n'avais pas été aussi convaincu depuis ma lecture de Un roman russe de Emmanuel Carrière ou de L'homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk.
Tout me plaît dans ce livre, tout me porte, tout m'écorche. À commencer par la langue de Philippe Forest, simple mais épaisse et souple, charriant les doutes, les émotions, restituant les contours d'un monde sur le point de s'effondrer, en équilibre. De l'équilibre instable qui donne du sens à nos vie.
Toujours juste. À chaque page, être heureux d'emprunter le chemin si singulier de la littérature. Nous y sommes en plein, dans Crue, suivant le narrateur de près, comme s'il était un double. Le fil de l'histoire est suffisamment large pour nous accueillir. On s'y jette à corps perdu. On parcourt ses méandres. On s'assoit volontiers dans des fauteuils pour boire du whisky.
Et là, comme si cela ne suffisait pas, à la page 216, voilà que je tombe sur la définition de ce qu'est la littérature, enfin sur une définition possible : "Quelque chose à la fois de moins réel et de plus réel que la réalité elle-même." Tout à fait ça.
Il est question ici d'un retour. Le narrateur revient sur les lieux où il a habité il y a longtemps, alourdi par les deuils, englué en partie. Et rien ne va s'arranger. Il va vivre, subir, un lent glissement de la réalité tout au long de Crue. "Je lui avais dit à quel point le quartier où nous logions m'apparaissait comparable à un entonnoir le long des parois duquel la réalité ruisselait, dégoulinant vers le fond, comme si la gravité aspirait progressivement toutes les choses, tous les individus qui passaient à sa portée."
Ruez-vous chez votre libraire. Ce livre est magnifique et bouleversant.
Le problème pour moi, maintenant, cela va être de le rendre à la médiathèque où je l'ai emprunté. Une seule envie, m'y replonger.

Philippe Forest : Crue. 272 pages. 19,50 euros.