mardi 17 octobre 2017

Marâtre...


Ces derniers jours, je m'impose une discipline ferme pour faire avancer mon projet adulte que j'ai déjà évoqué ici. J'espère que je le mènerai au bout.
Il y a une appréhension sans doute, une peur stupide à revenir dans ce type de narration-là. Se dire qu'on avance dans la littérature (tout court) et non dans la littérature jeunesse, même si j'ai toujours trouvé que distinguer les deux était un brin idiot. Il n'empêche...
J'ai trop longtemps reculé, différé l'histoire qui se déroule, qui se déplie devant moi. Trois voix, celles du fils, de la fille et du père, pour évoquer une seule femme. La marâtre donc.
J'adore ce moment-là où il faut se mettre à l'écoute, s'interroger pour savoir comment faire parler tel ou tel individu dans la narration. Accueillir, ouvrir, creuser. Ne rien s'interdire.
Je ne crois pas trop à la notion de premier jet. Cela ne veut pas dire grand-chose. Parfois, sans s'écrire tout seul, sans se dire qu'on ouvre comme un robinet de paroles, eh bien on se rend compte qu'on porte quand même une voix depuis si longtemps qu'elle sort naturellement de notre tête.
Le tout pour commencer est de l'écouter, de ne pas la laisser s'évaporer surtout, de l'interroger sans cesse. Même si dans un deuxième temps, il y aura un gros travail d'élagage.
Voilà pourquoi j'ai décidé, chaque matin qui me voit venir au bureau, de commencer par ce travail-là. Pour être sûr que chaque jour, j'aurai tenté de faire avancer tout ça. Une séquence par jour. Ce sera une histoire avec des voix d'enfants, forcément.

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Sous toute réserve, bien entendu, parce que de toute façon, tant que le chantier n'est pas terminé, tout est mouvant, eh bien voici les premières lignes de ce projet "Marâtre". Ce sont les premiers mots du fils.


"Je ne pensais pas que les choses auraient fini ainsi. J’aurais aimé que l’issue soit différente. Mais cette femme s’était placée devant nous et tout son corps avec. Et tout son corps surtout. Ample, son corps où se perdre. Puisque c’est de ce dernier dont elle avait joué, contre notre père d’abord, comme on jouerait à la perfection d’un instrument de musique. Une virtuose. Toute cette histoire constituait pour ma sœur et moi une impasse. Aussi, nous est-il apparu assez rapidement qu’il ne servait à rien d’essayer de faire des compromis, de recoller tout ce qu’elle envoyait valser. Car elle avait veillé dès son entrée dans la maison à tout faire exploser, avec un savant mélange de cruauté et de perversion. Et les premiers temps, je n’avais rien vu, même si j’avais senti un malaise s’installer. Parfois, on sait que quelque chose cloche sans trop savoir quoi."

mercredi 4 octobre 2017

A partir d'aujourd'hui sur vos écrans...




Ne manquez pas le deuxième épisode de Solenn et Plop, Précieux bocage.
Diffusé à partir du 4 octobre par ici ou par .
Solenn et Plop, une Web-Série produite par Bretagne Culture Diversité, réalisée par Studio Crumble et Damien Barrachin. J'ai la chance d'en être le scénariste.
N'hésitez pas à laisser vos avis ici ou là !

lundi 18 septembre 2017

Le 21 septembre en librairie

Il y a quelque temps, j'ai été contacté par les amis Séverine Vidal et Manu Causse.

Ils avaient dans l'idée de proposer à un éditeur un collectif de nouvelles sur le thème de la première fois. Des nouvelles érotiques pour les ados.

Et ils m'invitaient à y participer. Alors je me suis lancé...


Le résultat de tout cela paraît le 21 septembre aux éditions Eyrolles. Et c'est peu de dire que je suis ici en très bonne compagnie... Jugez plutôt : Gilles Abier, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Manu Causse Plisson, Axl Cendres, Cécile Chartre, Rachel Corenblit, Antoine Dole, Chrysotome Gourio, Driss Lange, Taï-Marc Le Thanh, Hélène Rice, Arnaud Tiercelin, Emmanuelle Urien et Séverine Vidal.

Les éditions Eyrolles ont eu la bonne idée marketing d'ajouter un bandeau sur le livre avec un extrait d'une des nouvelles. Bah c'est la mienne qu'ils ont choisie et j'en suis assez heureux, forcément.

Mais surtout, chers collègues, si vous me lisez, sachez que je suis bien conscient que je vous dois un coup à boire et que je m'exécuterez comme il se doit à mesure que j'aurai le plaisir de vous croiser sur des salons.

En tout cas, j'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce livre que nous en avons eu à l'écrire.

jeudi 14 septembre 2017

Enfin Artaud

Ici même, j'ai plusieurs fois évoqué ce projet de roman graphique sur la vie d'Antonin Artaud. Sa silhouette à lui, qui me suit depuis mes années de faculté. Début de DEUG. J'avais confié, impressionné, quelques poèmes très noirs à mon professeur de poésie, Bertrand Marchal. Il m'avait rendu quelques jours après ma liasse en me disant "Vous devriez lire Antonin Artaud".
Depuis, Artaud ne m'a pas quitté. Ses visages. Certains de ses textes. M'intéressant à sa vie de plus près, je me suis aperçu qu'il cristallisait un grand nombre de mes préoccupations, de mes obsessions.
Il tient une place à part en littérature, dans l'art en général. Et il a traversé aussi la première moitié du XXe siècle avec sa folie. Cette époque a vu la psychiatrie se transformer. Il en a connu les bénéfices et il en a aussi subi les tâtonnements.
Enfin voilà. Chez Artaud pour moi, il y a beaucoup. Presque tout en un seul homme. Une seule vie. Et surtout, un homme qui souffre en partie parce qu'il a une vision du monde qu'il ne peut partager. Profondément seul, comme l'écrit si bien un autre grand poète, Jean-Louis Giovannoni, dans son Garder le mort.
La bonne nouvelle, c'est qu'après quelques semaines de résidence l'année dernière, eh bien j'ai pu suffisamment faire avancer ce projet pour qu'il intéresse.
Et aujourd'hui, je suis infiniment heureux de prendre la route avec Laurent Richard, avec lequel j'ai fait suffisamment de livres pour savoir que nous serons sur la même longueur d'ondes.
Très heureux également que ce roman graphique grandisse sous le regard bienveillant et expert d'un autre lettré, Franck Marguin, éditeur chez Glénat.
En 2019, on pourra lire et voir ce Nanaqui paraître dans la belle collection de romans graphiques pour adultes que Franck dirige, 1000 feuilles.
Il reste du pain sur la planche... enfin sur les planches... mais c'est un grand bonheur pour moi aujourd'hui de pouvoir vous annoncer tout ça.
Et rien que pour vous donc, en exclusivité mondiale, bah voici deux magnifiques cases réalisées par Laurent. Artaud à la fin de sa vie donc.

jeudi 7 septembre 2017

Pension Moreau, le tome 2 pour très bientôt

La preuve avec cette case... eh bien l'encrage du deuxième tome de la Pension Moreau est terminé. Marc Lizano va pouvoir passer aux couleurs.
Vous retrouverez toute la "sympathique" équipe enseignante de la Pension en février 2018 aux belles éditions de la Gouttière.
Le nom de ce deuxième tome ? La peur au ventre.
L'histoire, en quelques lignes, sans tout spoiler, bien entendu.
la Pension Moreau, la vie quotidienne continue selon un rythme immuable. Les corvées en tout genre permettent à Turoc d’écraser toute velléité de rébellion. Émile a de plus en plus de difficultés à supporter l’enfermement et les brimades. La nuit, il lui arrive souvent de s’échapper quelques heures.
Les quatre enfants sont unis contre leurs cruels enseignants. D’ailleurs, ils ne manquent jamais une occasion de leur tendre des pièges pour les faire tomber dans les escaliers ou qu’ils se prennent les pieds dans les tapis.
Depuis quelques jours, les enfants ont remarqué que des disparitions avaient lieu régulièrement. Que se passe-t-il ? Quand un nouveau pensionnaire arrive, Mastoc et Plastoc emmènent un des anciens dans la forêt et ce dernier ne revient jamais. Paul sait qu’il sera le prochain sur la liste. Les quatre enfants comprennent qu’ils n’ont aucune autre solution que la fuite. Même s’ils savent qu’ils risquent leur vie en s’échappant, la nuit prochaine, ils partiront.

mardi 5 septembre 2017

Demain en librairie... et sur YouTube aussi !


 


Dès demain, retrouvez le premier épisode d'une web-série destinée à la jeunesse pour comprendre la Bretagne.
Elle sera disponible à raison d'un épisode par mois (12 épisodes prévus) sur YouTube et sur Bécédia.bzh.

À l’heure de la rentrée des classes, un petit extraterrestre prénommé Plop se pose en Bretagne dans le jardin de Solenn, 10 ans. Le pauvre Plop a endommagé son vaisseau spatial et ne peut pas rentrer chez lui… Solenn l’accueille et décide alors de guider Plop dans la découverte de sa région ; un véritable voyage initiatique, parsemé de mille et une aventures.


Une production Bretagne Culture Diversité. Avec le soutien de la Région Bretagne. Idée originale, Scénario et dialogues : Benoît Broyart. Animations & Montage : Damien Barrachin. Illustrations : Studio Crumble. Habillage sonore : Julien Henry. Musique originale : Nirmaan. Directeur de la publication : Philippe Ramel. Directeur de rédaction : Philippe Ramel. Recherche documentaire & secrétariat de rédaction : Philippe Lanoë.



Et puis demain également, vous trouverez deux nouveaux livres de la collection Docs Benjamin Milan en librairie. La collection comprend dorénavant 10 titres. Au programme, les châteaux forts, avec une nouvelle aventure de Pépin (Pépin, chevalier courageux) illustrée par Alexandre Franc et les loups, avec Pas peur du loup, illustré par Iris Boudreau. Remerciements aux illustrateurs bien sûr mais également à l'équipe éditoriale de Milan pour leur confiance.




jeudi 17 août 2017

Bientôt à l'Ernée avec Thomas

La Communauté de communes de L'Ernée (Mayenne) a décidé d'axer son travail en 2017-2018 autour de la lecture à voix haute.
Avec l'ami Thomas Scotto, chacun à notre façon, nous expérimentons depuis quelques années ces territoires-là. Ce sont comme des prolongements logiques aux livres que nous écrivons.
Clarisse Gougeon a donc eu la belle idée de nous proposer une résidence d'écriture.
Nous serons présents tous les deux sur ce territoire, à trois reprises, la saison prochaine, afin d'élaborer un projet commun dans ce domaine.
Je suis très heureux à l'idée de cette écriture pour l'oral à plusieurs voix, d'autant que celle de Thomas me touche depuis bien longtemps.
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, ce sera aussi l'occasion de travailler à nouveau avec Caroline Girard de la compagnie la Liseuse, avec laquelle j'avais élaboré Cavale, lecture en selle.
Le programme détaillé de tout ça, vous l'aurez ici-même d'ici quelques semaines... mais sachez qu'il y aura du temps pour travailler ensemble, Thomas, Caroline et moi, une lecture de l'Atelier du trio (Thomas, Cathy Ytak et Gilles Abier), une Cavale, des rencontres avec les classes, des dédicaces sans aucun doute, une lecture à deux voix à la clé et une trace audio et/ou écrite de tout cela.
Très heureux d'entamer ce nouveau projet.
Et grand merci à Clarisse et à la Communauté de communes de L'Ernée d'avoir pensé à nous.