vendredi 16 juin 2017

Se jeter

On tourne longtemps autour avant de se jeter dedans. Parce qu'on se déballonne un peu, il faut bien le dire, dès qu'il s'agit de tout reposer à plat. On écrit pas loin de là mais cela reste à côté.
Alors on attend et on tourne autour. Un peu comme si on s'apprêtait à lire un livre important.
On amasse de la documentation pour se rassurer sans doute, mettre quelques garde-fous.
On est frustré aussi de rester sur le bord de la falaise.
Et ce moment de plusieurs années parfois est nécessaire. Un beau jour, il faut y aller. Alors sans réfléchir finalement, on plonge. Et c'est comme une pelote qui se déroulerait. Les portes sont grandes ouvertes et on laisse couler. Des vagues énormes parfois, sans sortir la tête de l'eau.
Après viendra le travail de reprise. On coupera des pans entiers qui semblaient justement être là pour soutenir l'ensemble. Alors qu'ils n'étaient que des ponts temporaires.
Là, puisque se retenir et reculer même, un peu intimidé par tout ce que cela charrie, a duré si longtemps, il est temps de s'exécuter, de s'abîmer.

4 commentaires:

Véronique Cauchy a dit…

Aujourd'hui, quand un éditeur nous demande un conte, il s'attend à recevoir un texte assez court, mais à la lecture de Grimm ou de Perrault, on s'aperçoit que les contes dont on dérive sont extrêmement longs. (Franchiraient-ils le cap du comité de lecture qui chercherait un texte pour un album?... Pas sûre...)

Benoît BROYART a dit…

Ah ça je ne sais pas... Mais là pour moi, personne ne m'a rien demandé... et ce n'est pas plus mal.

Amitiés

Catherine LATTEUX a dit…

Je connais cet état.....bon plongeon au coeur des contes maintenant que tu t'es jeté à l'eau.

Benoît BROYART a dit…

Merci Catherine !